Pour la défense des droits des enfants touchés par l'exclusion après la 2e génération.
Le 8 octobre dernier, je prenais la parole en mon nom personnel et celui des grands-parents, parents et enfants de ma communauté en lien avec le dossier sensible qu'est l'exclusion après la deuxième génération.
À la grandeur du pays, sur l'île de la tortue, des milliers d'enfants ne peuvent avoir accès à l'inscription au registre des affaires indiennes puisqu'ils se retrouvent discriminés en fonction du paragraphe 6(2) de la Loi sur les Indiens.
Ce règlement a été conçu pour éviter que les personnes nées après le 17 avril 1985, descendent d'un parent inscrit ou admissible en vertu de la Loi sur les Indiens et ayant au moins un parent Indiens, n'aient plus droit à l'inscription.
Je suis mère d'un enfant exclue et ce, depuis maintenant 18 ans.
Les conséquences directes et indirectes que vivent les familles touchées par ce paragraphe sont d'une violence inouïe et ce, au quotidien.
Nos enfants se retrouvent mis a l'écart de tout ce qui nous définit comme Premières Nations, en plus d'être discriminés par leur propre communauté d'appartenance.
Ceux-ci ne peuvent hériter du patrimoine familial de leur famille, participer à la vie culturelle, décisionnelle et sociale de leur nation. Ils n'existent tout simplement pas au sein de nos gouvernances et n'ont aucun droit.
Il s'agit ici d'un génocide identitaire et culturel pour laquelle cette règle met une date d'extinction pour l'ensemble des Premières Nations du Canada.
Pour mon fils, mais aussi pour tous les grands-parents, les parents et leurs enfants de ma nation touchés par ce génocide, je me battrai jusqu'au jour où il y aura réparation et qu'ils pourront officiellement retrouver leur dignité et leur intégrité d'exister en tant que Wendat.
Cette règle est étudiée actuellement au Sénat sous le projet de Loi S-2. Octobre et novembre seront des mois très importants pour la suite des travaux pouvant apporter des changements à la Loi sur les Indiens.
